Point Zéro

antoine Tracqui · Chapitre 221 sur 319

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Point Zéro

Chapitre 23

 

1er mars 2018 11 h 35 UTC

 

Sous la pression du pied-de-biche, la mauvaise serrure émit un nouveau gémissement de protestation, et le battant de bois se fendit sur près de vingt centimètres. Les trois apprentis cambrioleurs qui pataugeaient dans l’épaisse couche de neige fraîche ne couraient aucun risque d’être surpris en plein ouvrage : le musée dont ils s’apprêtaient à forcer la porte était sans doute le seul au monde dépourvu de gardiens comme de tout système d’alarme.

Et l’endroit où il se trouvait était aussi peuplé que la surface de la Lune.

Pour l’ex-capitaine des marines Lyndon Devereaux et ses compagnons Jill Soderberg et Charlie Gomez, la modeste mission constituait un dérivatif apprécié après une semaine où ils avaient cru mourir d’ennui. Depuis l’appareillage du Global Defender la semaine précédente, les activités du trio s’étaient bornées à faire tourner régulièrement les moteurs de leur gros hélico de transport, à assurer une vacation radio quotidienne avec le navire et à observer le vol des mouettes au–dessus des hangars pourris de Grytviken. Leur inquiétude avait été grande lorsque, vingt-quatre heures plus tôt, le Defender avait cessé d’émettre ; et ce d’autant plus qu’en cas de pépin, ils avaient pour consigne absolue de ne rechercher aucune aide extérieure. Heureusement, le contact avait été rétabli avec Kendall Kjölsrud un peu moins d’une heure auparavant, mais dans des conditions qui les avaient laissés quelque peu perplexes.

« Tu n’as pas dû bien piger, Lyndon, fit observer Gomez. Un avion ? Où est–ce qu’ils auraient bien pu dégoter un avion ?

— C’est pourtant ce qu’ils ont dit, rétorqua l’intéressé en haussant les épaules. Quant au Defender, il ne faut plus l’attendre : d’après eux, il fait actuellement route vers la base chilienne Bernardo O’Higgins, à l’extrémité de la péninsule Antarctique, pour y débarquer plusieurs blessés graves. Ensuite, il rentrera direct en Californie.