Point Zéro
13 h 28 UTC
— « Négatif, monsieur. Pour vous informer que ceci était le premier et le dernier avertissement de la Marine des Etats–Unis à votre intention. Vous avez une demi–heure pour relâcher nos ressortissants, évacuer vos troupes du site de Grytviken et mettre en route pour regagner les eaux internationales. »
Atanassiev éclata de rire – un gros rire cruel qui n’annonçait rien de bon. « Décidément vous avez un sacré culot, capitaine… Et sinon ? »
La voix de Davenport était tranchante comme un silex lorsqu’il lui répondit : « Sinon, la prochaine torpille sera équipée d’une tête de 0,3 kilotonne, monsieur. »
L’amiral resta silencieux si longtemps que Davenport pensa qu’il avait coupé la communication. Puis il murmura : « Je vais étudier votre suggestion, capitaine Davenport. »
13 h 28 UTC
« Je suis navré, Monsieur, fit l’homme d’une voix dépitée. Impossible de les contacter. »
Vladimir Poutine et son homologue américain se trouvaient dans le vaste bureau attenant à la suite présidentielle russe, qui avait été transformé pour la durée du G20 en central de communications ; si les trois officiers du GRU postés dans la pièce avaient été surpris de voir débouler le président des États–Unis en robe de chambre, ils n'en avaient rien montré.
Pour l’heure, la tension venait de monter d’un cran dans le bureau encombré de matériel électronique et de consoles holo made in Russia. La troisième tentative pour joindre l’Ivan Grozny par radio venait d’échouer comme les deux précédentes.
« Qu’est–ce que vous attendez ? s’impatienta Poutine. Ce n’est quand même pas la tempête là dehors qui dérègle vos appareils ?
— Non, Monsieur, répondit l’opérateur, toutes nos transmissions se font par faisceau sat et sont très peu affectées par les conditions météo. En fait, nous arrivons bien à atteindre l’infosphère externe du groupe aéronaval, mais ensuite notre signal entrant est comme bloqué par un pare-feu. On dirait que…
— On dirait quoi ? Parlez, bon sang !