Point Zéro
12 h 54 UTC
Les trois Berkut volaient en formation serrée à environ trois milles en arrière du Dornier et, malgré son impressionnante vitesse actuelle, ils l’auraient rattrapé dans une poignée de secondes. Bogdossian jeta un coup
d’œil irrité à la barre rouge de l’indicateur TNR(41) qui brillait depuis peu à la périphérie de son affichage tactique. Dans vingt minutes – estimation faite par l'IA embarquée en fonction de leur profil de consommation et de la météo sur le chemin du retour –, il n’aurait plus assez de jus pour rejoindre l’Ivan Grozny. La consigne dans ce cas était de terminer au plus vite la mission si les circonstances le permettaient. Lorsque la seconde barre s’allumerait, dans cinq minutes, ce serait encore plus simple : tout laisser tomber et rentrer direct.
« Rapace Leader à tous, émit–il. Suis en alerte fuel niveau un. Affichez vos TNR.
— « Deux à Leader, vingt-trois minutes pour moi.
— « Trois, ici. Je viens aussi de passer au rouge, Leader. »
Bogdossian prit sa décision en un instant. Plus le temps de finasser.
« Leader à Deux, reprit–il. Approche en tenaille et on le finit au canon, je reste sur bâbord. Trois, en réserve à deux mille pieds. »
Alors que ses deux compagnons confirmaient l’ordre, le jeune pilote pensa : On va voir si tu esquives les obus de 30 aussi bien que les missiles.
12 h 54 UTC
Cinq kilomètres.
Pour Sanjiv Chandra, l’ouverture brutale de la porte de la soute avait été la goutte d’eau fatidique. À l’instant où les flots d’air glacé s’étaient répandus en grondant dans l’habitacle, le délicat équilibre mental qui permettait au jeune homme d’appréhender le monde extérieur s’était effondré d’un seul coup, le plongeant dans un univers de terreur primale et de sensations discordantes.
« Il faut absolument qu’on commence à ralentir dans vingt secondes ! émit Caleb d’une voix précipitée. Et qu’on reprenne une assiette horizontale !
— « Hiro s’y emploie déjà, Caleb ! » répondit Poppy Borghese en forçant la voix pour couvrir les hurlements de Sanjiv. One-Shot et elle faisaient ce qu’ils pouvaient pour maintenir au sol son corps agité de convulsions tout en évitant qu’il ne se blesse. Poppy savait qu’il n’y avait rien d’autre à faire pour l’instant ; l’idéal aurait été de lui administrer un sédatif, mais son médikit était épuisé depuis longtemps.
Elle jeta un coup d’œil inquiet au petit chercheur japonais qui avait pris la place de Sanjiv derrière la console de commande de l’Œuf et qui tapait aussi vite qu’il le pouvait sur le clavier de l’ordinateur.
« Vous avez entendu, Hiro ? lui lança–t–elle. Vous allez y arriver ? »
Il était si absorbé par la complexité de sa tâche qu’il ne prit même pas la peine de lui répondre.
Mais l’expression de son visage n’avait rien de rassurant.
Quatre kilomètres.
Trop vite. Et trop bas.
Caleb contemplait d’un regard anxieux la barrière de rochers haute comme un immeuble de cinq étages qui leur barrait le chemin et se précipitait sur eux à une vitesse effrayante. Si Hiro Takeda ne parvenait pas à couper ou réorienter le champ gravifique qui ramenait inexorablement l’avion vers le sol, ils allaient percuter cette muraille à la moitié de la vitesse du son.
« Josh ! cria–t–il. Pousse tes moulins au maxi ! Donne tout ce que tu as, mais redresse-nous ce zinc !
— « Le deux et le trois sont déjà dans le rouge ! répondit l’autre d’une voix tendue. Et on n’est qu’à huit cents tours !
— « On s’en fout, Josh ! Il faut absolument remonter !
— « Comme tu voudras. »
Deux secondes après, le grondement assourdissant des gros moteurs poussés à plein régime fît à nouveau vibrer toutes les tôles de la carlingue.
Mais l’avion descendait toujours.
Trois mille deux cents mètres.
Tout comme le missile « Archer », le canon automatique Gryazev-Shipunov GSh-301 équipait depuis plus de trente ans la grande majorité des avions de combat russes, mais aussi un certain nombre d’hélicoptères d’attaque et même de blindés légers. Malgré sa cadence de tir modeste – mille cinq cents coups par minute contre six mille cinq cents pour le M61 « Vulcan », son équivalent américain –, sa conception très simple et sa fiabilité à toute épreuve en faisaient une arme redoutable pour le combat aérien à courte portée ; l’engin était en outre d’un poids et d’un encombrement très réduits, ce qui permettait d’en équiper des intercepteurs de cinquième génération sans rien sacrifier de leur exceptionnelle maniabilité.
Sur le Su-47 « Berkut », l’arme était montée de série au–dessus de l’épaulement de l’aileron canard bâbord, juste en arrière du cockpit. Le capitaine Bogdossian, qui avait déjà eu l’occasion de le tester en conditions réelles sur de vieux MIG-23 reconvertis en cibles téléguidées, se réjouissait d’avance des dégâts qu’il allait infliger au Dornier. Lorsque le télémètre laser afficha mille cinq cents mètres, l’officier fit sauter du pouce le cache plastique qui protégeait la commande de tir. Encore cinq cents mètres.
« Leader à Deux, émit–il. Tir à mon signal. »
Deux mille quatre cents mètres.
À vingt-huit ans, Hiro Takeda était considéré comme l’un des meilleurs spécialistes mondiaux de la théorie des supercordes et de ses applications en gravité quantique. Avant de rejoindre l’équipe de Sanjiv Chandra, le jeune chercheur au sourire timide et aux tempes précocement dégarnies avait enseigné pendant deux ans à l’institut Yukawa de Physique Théorique de l’Université de Kyoto tout en partageant ses recherches entre le tokamak JT-60 du Naka Fusion Institute et les accélérateurs de particules du prestigieux
KEK Institute(42) de Tsukuba.
C’est dire que les principes de fonctionnement de l’Œuf étaient loin de lui être inconnus. Ce qui ne l’empêchait pas, comme les autres occupants du Dornier, d’être intimidé par l’énorme machine qui continuait, imperturbable, à distiller son ronflement monocorde.
Sur l’écran de l’ordi portable s’affichaient à nouveau les dix secteurs circulaires qui constituaient en quelque sorte le tableau de bord du système de confinement. Takeda savait qu’il s’agissait d’une représentation en temps réel de la sphère de Halbach, la minuscule bouteille magnétique de quelques nanomètres de diamètre qui enfermait la singularité dans les circonvolutions de son espace à dix dimensions. Pour l’heure, chacun des spots qui marquaient la position du micro trou noir orbitait doucement autour d’un point situé à bonne distance du centre de son secteur – un déséquilibre qui répondait à celui du champ gravitationnel émis par la machine.
Tapant à toute vitesse sur le clavier, Takeda finit d’inscrire les dernières lignes de code puis, espérant de toutes ses forces ne pas s’être trompé, pressa la touche ENTER. D’un mouvement si rapide que son œil ne put le suivre, les dix points lumineux regagnèrent à l’unisson le centre exact de leur secteur. Parfait, pensa le jeune homme. Sanjiv sera fier de moi.
Au même instant, il y eut un choc sourd, et une violente décélération se fit sentir : le champ de gravité artificiel était bien coupé, et l’avion ne volait plus désormais qu’à la force de ses moteurs.
Takeda allait lever un pouce triomphant à l’intention de Poppy Borghese quand son regard revint sur l’écran de l’ordi. Et son geste se figea.
Les points rouges avaient recommencé à dériver. Chacun dans une direction différente et de plus en plus vite.
Le jeune physicien connaissait l’instabilité du système de confinement imaginé par Majorana, mais il n’aurait jamais cru que cela irait si vite. Avec un sentiment d’urgence, il se précipita sur son clavier et rentra en toute hâte une nouvelle ligne d’instructions. Aussitôt, le premier spot revint docilement au centre de sa fenêtre.
Mais les neuf autres continuèrent à diverger – deux fois plus vite qu’avant.
Une sueur glacée perlant à son front, Takeda fit une nouvelle tentative en se concentrant désespérément sur les commandes qu’il tapait à toute allure. À l’instant même où il actionnait pour la seconde fois la touche ENTER, il se rendit compte qu’il avait fait une erreur de calcul.
Trop tard.
Cette fois, les dix points rouges bondirent dans toutes les directions, comme une poignée de billes jetées par terre. En un rien de temps, deux d’entre eux eurent atteint puis dépassé la bordure de leur secteur, qui s’opacifia aussitôt tandis qu’un message d’alerte commençait à clignoter en rouge.
« Mon Dieu ! cria le jeune homme. Non !
— Quoi ? fit Poppy Borghese alarmée par l’expression de terreur absolue qui se lisait sur les traits du physicien. Qu’est–ce qui se passe, Hiro ? »
Le temps qu’elle pose la question, un troisième secteur s’était opacifié. Comme par une funeste réaction en chaîne, il fallut moins de deux secondes aux sept autres pour les imiter, laissant un écran noir où seul continuait à puiser le message d’alerte.
« EXCURSION ! hurla Takeda. C’EST UNE EXCURSION, NOUS SOMMES TOUS MORTS ! »
Alors que le grondement de l’œuf s’intensifiait, un premier cognement formidable venu des profondeurs de la machine ébranla tout l’avion.
Comme le poing d’un géant bien décidé à abattre les murs de sa prison.
Mille sept cents mètres.
Une première rafale de vingt–cinq obus jaillit en une seconde du canon automatique dans un grondement saccadé. Le capitaine Anatoly Bogdossian relâcha la commande de tir ; une série de flashes lumineux en périphérie de son champ visuel lui apprit qu’à trois cents mètres sur sa droite son ailier venait également de tirer.
À la vitesse de huit cent soixante mètres par seconde, les projectiles mettraient moins d’une seconde et demie pour franchir la distance les séparant du Dornier.
Mille six cents mètres.
« Pas de discussion, miss, gouailla Sam Jenkins sans cesser de mâchouiller son éternel chewing-gum. On n’a plus beaucoup de temps. »
Le flegmatique Texan avait entrepris d’installer Gretchen Vogt, Sarah Miller et son oncle Viktor Bernstein en prévision d’un atterrissage qui s’annonçait, au mieux, mouvementé. Après avoir débarrassé la petite cabine – celle-là même où ils avaient fait le dernier briefing avant le départ – de tout ce qui risquait de se transformer en projectile, l’ancien sniper de la Garde Nationale avait récupéré le matelas de la couchette et l’avait plaqué contre la paroi avant du compartiment. Il avait ensuite fait asseoir ses trois compagnons au sol, le dos calé contre ce capitonnage improvisé. Des bruits de voix provenaient de la cabine mitoyenne, où One-Shot venait de ramener Sanjiv encore à moitié inconscient et était en train de l’installer de même, avec l’aide de Vandell Richardson.
« Tenez, dit Jenkins à Sarah Miller en lui tendant un gros oreiller. Collez-vous ça sur le ventre et remontez les genoux, la tête entre les mains.
— Vous pensez que ça suffira ? demanda la jeune femme, anxieuse.
— Ça m’a déjà sauvé la vie deux fois », affirma–t–il en essayant de plaquer un sourire rassurant sur son visage taillé à la serpe, ce qui fit bizarrement onduler les deux cobras tatoués sur ses joues. En plus, nos combis…»
Il n’eut pas le temps d’en dire plus. En même temps qu’une insoutenable explosion de lumière, un fracas effroyable résonna soudain dans la petite pièce, dont les murs parurent se disloquer. Sarah Miller ferma instinctivement les yeux ; lorsqu’elle les rouvrit un instant plus tard, elle ne reconnut rien de ce qui l’entourait.
La cloison de gauche où se trouvait le hublot avait presque entièrement disparu, laissant place à une énorme brèche déchiquetée par laquelle on distinguait le sol rocailleux qui défilait à toute allure quelques dizaines de mètres plus bas. Le plancher de l’habitacle était jonché de débris de toute nature : bouts de bois et de métal, éclats de verre, innombrables morceaux de céramique blanche provenant du petit lavabo qui avait été complètement pulvérisé.
Et partout, il y avait du sang et des restes humains.
Le projectile de 30 mm avait atteint Jenkins à hauteur de la taille, faisant exploser son abdomen et coupant littéralement le malheureux en deux. La portion inférieure de son corps, sans doute aspirée à l’extérieur, avait disparu, tandis que son tronc s’effondrait au sol et s’immobilisait dans une posture grotesque, à moitié adossé au cadre démantibulé de la couchette. La surprise se lisait sur le visage du mort, dont les yeux étaient restés grands ouverts. Une longue ribambelle d’intestins serpentait sur le plancher, au milieu des débris divers et d’une énorme flaque de sang qui allait s’élargissant.
« Oy gevalt ! » murmura Viktor Bernstein.
Sarah Miller se mit à hurler sans plus pouvoir s’arrêter.
Mille deux cents mètres.
Caleb essaya désespérément de faire abstraction des vociférations et des cris de terreur qui résonnaient dans ses écouteurs. Combien de ses amis avaient été tués ou blessés ? Pas le temps d’y penser.
Sa seule préoccupation était de maintenir l’avion en vol, malgré les dégâts qu’il venait d’encaisser. Comme les autres, il avait ressenti jusque dans ses os les formidables impacts au moment où la rafale d’obus avait atteint l’appareil.
Paradoxalement, celui–ci semblait voler mieux depuis qu’il était libéré du champ de gravitation artificiel. Aidé par Kjölsrud, le jeune homme pesa de toutes ses forces sur le levier de la roue de direction qui commandait à la fois le gouvernail de profondeur et les volets d’aile. Le nez du gros appareil commença à se relever avec une lenteur insupportable.
Devant eux, la barrière de rochers était maintenant toute proche.
Ça allait être très juste.
Mille mètres.
Le capitaine Bogdossian était un peu déçu. La cible était salement touchée, mais, en fin de compte, les dégâts étaient moins spectaculaires que ce à quoi il s’attendait. Certes, le flanc gauche de l’hydravion géant s’ornait désormais d’une série d’impacts impressionnants, et, du côté droit, plusieurs déchirures énormes laissaient voir le jour près du bord de fuite de l’aile.
Mais il volait toujours.
La faute à ses dimensions inusitées et aussi à cette manœuvre inattendue – une de plus ! – qui lui avait permis, au mépris de toutes les lois de l’aérodynamique, de ralentir brutalement et de se cabrer à l’instant précis où il allait être détruit. Au final, le gros de la salve d’obus lui était passé sous le ventre, et seuls une douzaine de projectiles avaient trouvé leur cible.
Le Russe remarqua qu’un liquide brunâtre dégorgeait à gros bouillons du fuselage perforé et se demanda pourquoi l’avion n’avait pas explosé au moment où ses réservoirs avaient été touchés. Du fuel ? supposa–t–il. Pourtant il n’avait jamais entendu parler d’un avion à hélices équipé de diesels.
À ce moment, l’avertisseur de relief se mit à lui vriller les oreilles de son couinement strident. Il n’avait pas besoin de ça pour savoir que son ailier et lui étaient beaucoup trop bas, avec des appareils qui n’étaient pas du tout conçus pour faire des acrobaties à cent pieds de la rocaille. Maintenant, il fallait en finir, et vite.
« Leader à Deux, transmit–il. Deuxième service avec double ration, puis décrochage immédiat. »
Avant même d’avoir terminé sa phrase, il pressait à nouveau la commande de tir, expédiant cinquante obus supplémentaires sur le Dornier désemparé. L’instant d’après, il basculait en butée la tuyère à poussée vectorielle du Sukhoï pour entamer un vertigineux dégagement en chandelle.
Affaire classée, pensa–t–il alors que les 9 g de pression le clouaient sur son siège.
Sept cent cinquante mètres.
Cette fois, il n'y eut pas de miracle. Sur la double rafale de cent obus perforants, plus de la moitié atteignirent le Dornier.
L’effet produit fut dévastateur : l’avion ne possédait aucune espèce de blindage, et les ogives propulsées à vitesse supersonique traversèrent les minces parois de bois et d’aluminium comme elles l’auraient fait de feuilles de papier. Des dizaines d’impacts impressionnants se creusèrent sur l’aile et le fuselage, pendant que les réservoirs de carburant crevés répandaient leurs milliers de litres de fuel dans la carlingue dévastée. Trois coups au but pulvérisèrent la dérive arrière, privant l’appareil de toute possibilité de manœuvre latérale. Deux autres obus vinrent frapper le cockpit, faisant exploser les verrières et scalpant la plus grande partie de l’habitacle. Par une chance extraordinaire, personne ne fut touché directement, mais sans la protection des combinaisons, tous les occupants de l’avion auraient été tués ou gravement blessés par les ondes de choc et les projections de débris. Un même hasard voulut qu’aucun coup direct n’atteigne l’Œuf alors qu’une douzaine d’obus dévastaient complètement la soute arrière où Poppy Borghese et Takeda se trouvaient toujours.
Quatre cents mètres.
Ça ne passera pas.
À peine la rafale d’obus eut–elle cessé que Caleb releva la tête, essayant d’apprécier la situation.
Qui était désespérée.
Sa portance presque annulée par les innombrables déchirures de sa coque et de sa voilure, l’avion ne progressait plus que sur son erre, et, au badin, sa vitesse était tombée sous les cent nœuds. Déjà, le nez commençait à s’abaisser, et les commandes devenaient molles dans les mains de Caleb. Les signes d’un décrochage imminent : dans deux ou trois secondes, l’appareil hors de contrôle piquerait et irait s’écraser au sol.
Il restait une dernière chose à tenter.
Sans savoir si cela avait la moindre chance de réussir, Caleb se pencha soudain et enfonça deux gros boutons émaillés qui saillaient du tableau de bord. Pendant une interminable seconde, il ne se passa rien, et le jeune homme se dit que les câbles d’alimentation avaient été sectionnés. Puis il y eut un choc sourd.
Signalant que le train d’atterrissage venait d’être largué.
Comme le lui avait expliqué Kjölsrud, le Do–X avait été équipé d’un train combinant patins et roulettes escamotables pour lui permettre d’atterrir sur une piste en dur ou sur la banquise en période hivernale. Le lourd caisson de plus d’une demi-tonne était fixé sous les flotteurs latéraux et pouvait être monté ou démonté en quelques minutes ; mais il pouvait aussi être libéré en plein vol au moyen de boulons explosifs commandés depuis le poste de pilotage, par exemple si une avarie contraignait l’appareil à se poser en mer. C’est cette manœuvre de la dernière chance que venait de tenter Caleb pour alléger un peu l’avion ; ce dernier volait maintenant si bas et si lentement que les deux hommes assis dans le cockpit éventré entendirent distinctement le train se fracasser sur les rochers moins de deux secondes après son largage.
Et le miracle se produisit.
Alors qu’ils semblaient sur le point de percuter, les commandes redevinrent un peu plus fermes. Caleb en profita pour peser de tout son poids sur la gouverne de profondeur, et le nez se releva, comme à contrecœur.
Plus le temps de se demander si cela suffirait à passer la barrière de rochers : ils étaient déjà sur l’obstacle.
OceanofPDF.com