Point Zéro

antoine Tracqui · Chapitre 217 sur 319

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Point Zéro

09 h 20 UTC

— Et moi, ajouta l’amiral en se levant pour signifier la fin de l’entrevue, ça me laisse le temps de contacter le Kremlin pour vérifier tes dires. Je suis sûr que tu n’y verras aucun inconvénient, n’est–ce pas ? »

 

09 h 20 UTC

 

« Les trois ans qu’il a passés en reclus sans sortir de chez lui, pas vrai ? demanda Caleb.

— C’est ça, approuva le jeune physicien. Entre 1934 et 1937. C’est là qu’il a bâti l’édifice théorique qui allait mener dix ans plus tard à la fabrication de cet engin. Tout laisse à penser que, pour y arriver, il a dû conceptualiser un équivalent de la théorie des cordes plus une description de la gravité quantique en espace multidimensionnel. Peut–être même…»

Mais il n’acheva pas sa phrase.

« Attends, Sanjiv, intervint Viktor Bernstein. Ce que tu nous dis, c’est que Majorana a trouvé le moyen de fabriquer un trou noir en bouteille, c’est ça ? C’est bien ce qu’il y a à l’intérieur de cette machine ? Mais un trou noir, c’est lourd, non ? Très lourd, même… Alors qu’est–ce que c’est que cette histoire d’antigravité ?

— Il a raison, fit Sarah Miller, pour une fois d’accord avec son oncle. Comment un trou noir pourrait–il arriver à soulever quoi que ce soit ?

— Excellente question, répondit Sanjiv. J’allais y venir. En réalité, c’est ce que fait la singularité qui compte, pas ce quelle est. Le trou noir n’agit que comme un moteur. Mais ce que nous en percevons, c’est ce champ énergétique auquel Stephen Hawking a donné son nom lorsqu’il l’a théorisé en 1975 – ce que le colonel Buckmaster appelait le “champ émis directionnel”…

— Mais je croyais que rien ne pouvait sortir d’un trou noir ! s’exclama la jeune scientifique.

— De la singularité elle–même, oui. Mais le rayonnement de Hawking trouve sa source en périphérie de celle–ci, à l’extérieur de l’horizon des événements, qui pour notre petit protégé mesure moins de un micron de diamètre. D’un point de vue théorique, c’est un champ des plus intéressants : il est très intense et constitué presque exclusivement de particules de masse nulle. On peut lui faire produire au choix des neutrinos, des photons ou des gravitons. Ou leurs antiparticules, bien sûr…»