Point Zéro
13 h 28 UTC
C’est à ce moment précis qu’une violente explosion se fit entendre dans la direction de la station baleinière, suivie d’une autre plus étouffée. En même temps, la fusillade qui s’était interrompue quelques minutes auparavant reprit, bien plus nourrie cette fois.
« Mon colonel ! gueula le garde qui était resté en position près de l’entrée du cimetière, à l’endroit où l’on avait une vue d’ensemble sur les bâtiments de Grytviken. Le musée vient de sauter ! Et notre hélico aussi ! On voit les flammes d’ici !
— QUOI ? rugit Baranko en se retournant d’un bloc.
— Et il y a du mouvement ! continua le soldat tandis que des hurlements affreux éclataient dans le lointain. On dirait que quelqu’un arrive !
— Je ne sais pas ce que vos amis ont manigancé, McKay, mais vous ne perdez rien pour attendre ! jeta le colonel russe, dont le regard vibrait de haine. Je reviens m’occuper de vous dès que j’ai réglé ça ! »
Puis il se précipita vers l’entrée du cimetière, flanqué de quatre soldats. Le dernier les suivit plus lentement à reculons, tenant toujours les prisonniers en respect.
Caleb perçut tout à coup un mouvement sur sa droite et tourna la tête dans cette direction. Juste à temps pour voir One-Shot, qui s’était penché sur le général Iazov toujours étendu au sol, empocher discrètement quelque chose que le blessé venait de lui tendre.
— Spaciba, General », murmura le géant.
13 h 28 UTC
Le capitaine Davenport s’était plus ou moins attendu à une bordée de jurons, mais la grosse voix de l’amiral était au contraire étrangement calme et posée. « Atanassiev à l’écoute, fit–il. Encore vous, capitaine ? Que me vaut le plaisir, cette fois ?
— « Je voulais juste m’assurer que vous êtes en bonne santé, monsieur. J’espère que nous n’avons pas trop rayé votre peinture de coque. Mais si vous avez besoin d’un bon calfatage, nos chantiers navals pourront vous faire un prix.
— « Très drôle, capitaine Davenport. Vraiment très drôle. C’est pour ça que vous m’appelez ?