Point Zéro

antoine Tracqui · Chapitre 214 sur 319

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Point Zéro

09 h 11 UTC

— Attends, Sanjiv, dit Sarah, je suis un peu larguée… Tu es bien en train de nous parler d’objets astronomiques, là ?

— Oui, mais…

— Alors quel rapport avec cet engin ? fit–elle en montrant l’Œuf. C’est quand même un peu juste pour y caser une sphère de deux kilomètres, non ?

— C’est parce que le trou noir en question est petit. Vraiment très petit. Et très léger aussi, toutes proportions gardées…

— Très petit ? répéta Caleb. Quelle taille fait–il, Sanjiv ?

— À peu près la taille d’une bactérie. Et la masse d’une petite locomotive. »

 

09 h 11 UTC

 

Dans une dizaine de minutes, Poppy. Tiens-toi prête pour quand je te donnerai le signal.

Ça marche, émit–elle en réponse sur la fréquence neurale.

Poppy Borghese jeta un regard vaguement contrarié par la verrière avant. Cela faisait maintenant cinq ou six minutes quelle ne le voyait plus, mais, d’après Jeeves, cela n’avait rien d’anormal : le déplacement de l’avion faisait simplement qu’ils n’étaient plus dans le bon azimut pour percevoir le reflet du soleil sur l’enveloppe métallisée.

Pour tromper son attente, elle se leva et, après avoir actionné le pilote automatique, passa dans le compartiment machines situé derrière le poste de pilotage. D’ordinaire, elle se foutait complètement des vieux avions, mais ici elle ne pouvait s’empêcher d’éprouver une certaine fascination devant l’appareillage terriblement désuet qu'elle avait sous les yeux. Elle eut tôt fait de repérer les six gros interrupteurs en bakélite qu’elle cherchait, puis continua son inspection ; au bout de quelques secondes, son attention fut attirée par les jauges de carburant – une douzaine de vieux cadrans à aiguille alignés sur la console d’instruments de tribord. Bizarre, pensa–t– elle. On vole depuis six heures seulement, mais les niveaux ont déjà l’air sacrément bas ! Pourtant One-Shot m’a bien dit que le plein était fait…