Point Zéro

antoine Tracqui · Chapitre 213 sur 319

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Point Zéro

09 h 07 UTC

— S’il demande qui veut le voir, grogna le vieux général, dites : Iazov. Ça devrait suffire. »

 

09 h 07 UTC

 

« Que savez–vous au juste sur les trous noirs ? » demanda Sanjiv Chandra.

Sarah Miller leva le doigt comme à l’école : « C’est un objet stellaire hyper-massif qui provient de l’effondrement d’une étoile en fin de vie.

— Pas mal pour un début, dit Sanjiv. Le concept d’un objet si massif que même la lumière ne pourrait s’en échapper a été prophétisé dès la fin du dix–huitième siècle, mais ce sont les équations d’Einstein qui vont lui donner un support théorique. Les travaux fondamentaux sur les trous noirs stellaires datent des années soixante, et, une décennie plus tard, les premières observations astronomiques ont commencé à confirmer la théorie.

— Comment peut-on observer un trou noir, puisque rien n’en sort ? demanda Caleb intrigué.

— Excellente question. La singularité elle–même – le fond du puits gravitationnel – est par définition inobservable. Elle se situe au–delà de l’horizon des événements, c’est à dire littéralement en dehors de l’Univers tel que nous savons le décrire d’un point de vue mathématique. Par contre, nous pouvons voir ce qui se trouve sur la margelle du puits : les répercussions du champ de gravité sur l’environnement local, qui vont engendrer tout un tas de phénomènes spectaculaires : jets de matière à des vitesses quasi luminiques, cannibalisme d’un compagnon stellaire dans un système binaire, ou effets de lentille gravitationnelle par exemple. Des observations toujours indirectes, mais bien trop nombreuses pour qu’il subsiste désormais le moindre doute sur l’existence de ces objets. »

Sanjiv fit une pause. Il tenait maintenant son auditoire en haleine et, comme à chaque fois qu’il se trouvait dans son domaine de recherche, les signes de sa maladie avaient complètement disparu.

« On distingue à l’heure actuelle deux grandes sortes de trous noirs astrophysiques, reprit–il : les trous noirs stellaires, qui sont effectivement des étoiles mortes et dont la masse varie de trois à quelques dizaines de masses solaires. Ainsi, notre Soleil est un peu trop petit pour finir en trou noir, mais, si cela arrivait, toute sa masse se retrouverait concentrée dans une sphère d’un peu plus de deux kilomètres de diamètre. L’autre catégorie est représentée par les trous noirs supermassifs qui se trouvent au centre des galaxies ; le plus proche de nous, celui de la Voie lactée, est à vingt-six mille années-lumière dans la constellation du Sagittaire et pèse quelque quatre millions de masses solaires…