Point Zéro
08 h 51 UTC
Voilà, c’est tout ce que nous avons capté avant que la radio ne rende l’âme. Je prie pour qu’il ne s’agisse là que des élucubrations d’un esprit malade.
Mais pourquoi est–ce que nous n’arrivons toujours pas à ouvrir ces putains de portes ? »
08 h 51 UTC
Cette fois–ci, c’était bon. Il était bien là – mais à plus de cinquante milles au nord de l’endroit où il aurait dû se trouver.
Bizarre, pensa Poppy Borghese. Là où il se trouve, il n’y a pourtant pas beaucoup de vent.
Elle se colla tout contre la verrière du cockpit. Une fois qu’on savait où regarder, le minuscule point lumineux sautait aux yeux. Mais, sans l’assistance de Jeeves, elle l’aurait certainement loupé.
Elle activa sa commande de liaison neurale en mode privé et se connecta à l’implant de Kendall Kjölsrud.
Nous l’avons, Père, émit–elle dès qu’il eut accusé réception de l’appel entrant. Presque à l’endroit prévu. Azimut 35.
Très bien, Poppy, répondit aussitôt le vieil homme. Combien de temps ?
Elle fit un rapide calcul mental :
À la vitesse où on se traîne, une vingtaine de minutes pour être à la bonne distance.
Excellent. Ici, nous y sommes presque, Viktor vient juste de terminer. Fais comme je t’ai dit et attends mon signal.
Bien, Père.
La communication immatérielle se rompit, ne laissant dans son esprit qu’une sorte de bruit blanc qui allait lui–même s’estomper en quelques secondes. Elle retourna s’asseoir sur le siège inconfortable et inclina tout doucement la roue de commande vers le nouveau cap.
Son estomac fit entendre un grondement sonore.
Bon sang ! Je crève de faim !