Point Zéro

antoine Tracqui · Chapitre 173 sur 319

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Point Zéro

03 h 13 UTC

— Objectif atteint, mon général. Appareil entièrement détruit. Aucun signe d’éventuels survivants.

— « Avec une seule roquette ? » La voix tranchante exprimait maintenant une légère surprise. « Précisez dommages.

— Tout le nez de l’avion a disparu. Fuselage en feu. L’aile avec le moteur de droite s’est carrément détachée, et…

— « L’aile avec… quoi ?

— Le moteur de droite, mon général.

— « Hein ? Mais… combien y avait–il de moteurs, bon sang ?

— Eh bien… deux, mon général.

— « NOM DE DIEU ! » Le général avait crié si fort qu’Alexeiev, pris par surprise, avait machinalement écarté l’écouteur de son oreille. « SERGENT, DÉCRIVEZ-MOI TOUT DE SUITE LE PUTAIN D’APPAREIL SUR LEQUEL VOUS VENEZ DE TIRER ! »

 

03 h 13 UTC

 

« Le hangar numéro 2, Josh ? cria Caleb. Celui avec le Dakota ?

— Ça vient de là, j’en suis sûr », répondit précipitamment l’intéressé.

Le second hangar avait fait l’objet d’une brève inspection par Joshua et One-Shot au cours de l’après–midi précédent. Presque aussi grand que celui qui hébergeait le Dornier et situé juste à côté, il ne contenait que du matériel sans grand intérêt et un Douglas C-47 « Dakota » a priori en état de marche. Lorsque les deux amis avaient fait part de leur découverte à Kjölsrud, Celui–ci avait eu l’air surpris – un peu comme s’il s’attendait à ce que le hangar abritât autre chose.

À un moment de la soirée, Caleb avait même suggéré d’utiliser le Dakota pour tenter leur évasion, plutôt que le Do–X. L’idée ne manquait pas de pertinence : le bimoteur américain était d’une conception nettement plus moderne et considéré comme l’un des avions les plus fiables jamais construits ; produit à plus de dix mille exemplaires pendant la Seconde Guerre mondiale, il avait été exploité comme avion à tout faire sur tous les théâtres d’opérations. Mais Kjölsrud avait aussitôt balayé l’argument, faisant observer que la charge utile du Dakota ne dépassait pas trois tonnes, contre près de vingt–cinq pour le Dornier avec sa motorisation actuelle ; s’ils voulaient emmener l’Œuf avec eux, il n’y avait pas photo.