Point Zéro
15 h 03 UTC
— Oui, lieutenant ?
< J’ignore si j’ai bien fait, mais je me suis permis de consulter le Service du personnel militaire de la Navy, section Officiers sous–mariniers. Vous savez sans doute que, dans le cadre du programme de convergence, nous disposons d’une accréditation pour l’accès à leur serveur sécurisé. >
— Eh bien ? fit Davenport qui ne voyait pas très bien où l’IA voulait en venir.
< Le capitaine Pamela C. Chadwick a transmis il y a un peu plus de deux heures une demande de permission pour la période du 16 au 30 mai, monsieur. Si je ne m’abuse, ce sont bien les dates auxquelles vous comptez aller pêcher dans le Maine, n’est–ce pas ? >
15 h 03 UTC
Caleb venait juste de ressortir de la tombe quand Kendall Kjölsrud pénétra dans le cimetière, suivi de peu par Poppy Borghese.
« Iazov est mort, annonça le vieillard. Et nous avons de la visite. Il va falloir que…»
Il s’interrompit au beau milieu de sa phrase. Il venait de découvrir la bague à la main de Caleb.
« J’ai déjà vu cet anneau à la main de quelqu’un d’autre, murmura–t–il. C’est bien ce que je crois, mon garçon ? »
Caleb leva la main pour que ses trois compagnons puissent voir la chevalière en bronze terni. Elle était lourde, massive et avait l’air incroyablement ancienne ; on devinait que l’intaille avait jadis comporté une devise et peut–être des armoiries, mais les inscriptions avaient presque entièrement disparu, comme érodées par le passage des siècles. Selon l’usage en vigueur dans la noblesse anglo-saxonne, le jeune homme la portait à l’auriculaire gauche – le bijou ne devait pas gêner le maniement d’une arme.
« La bague sigillaire de la Maison McKay, dit–il d’une voix grave. Disparue depuis soixante-douze ans. Aujourd’hui, elle retrouve la main du chef de clan.
— Mais… mais alors…, balbutia Viktor Bernstein.
— Oui, dit Caleb. C’est Majorana qui s’en est tiré. »