Point Zéro

antoine Tracqui · Chapitre 260 sur 319

Pages du PDF

Point Zéro

12 h 18 UTC

— « Je voulais vous souhaiter bonne chance, mon garçon. Ne prenez pas de risques. Et essayez si possible de nous ramener vos joujoux. Terminé, Spectre Un.

— « Merci, commandant. Terminé », fit Collins.

Il savait que ce serait le dernier échange radio avant la fin de la mission, le succès de celle–ci reposant en grande partie sur un silence hertzien absolu. Toutes les communications entre les deux F-35C, de même qu’entre ces derniers et le Stratton s’il se trouvait à distance de réception, se feraient donc par faisceau laser bidirectionnel, totalement indétectable par l’adversaire.

Collins allait initier la manœuvre de transition lorsqu’il se ravisa et reposa la main sur le boîtier bleu énigmatique.

Autant commencer par ça. Après tout, tu as des spectateurs, tu peux bien leur faire ce menu plaisir.

Réalisant soudain qu’il était en train de tourner une page de l’histoire de l’aviation militaire – le dispositif en question n’avait jamais été testé dans des conditions opérationnelles réalistes, et encore moins en situation de combat –, il ôta la petite protection en plastique et posa l’index sur le bouton poussoir.

C’est parti, pensa–t–il en actionnant la commande. Monsieur Frodon vient de passer l’Anneau.

 

12 h 18 UTC

 

Il contempla avec un vague intérêt la petite créature qui se tordait de douleur sur le sol rouillé. Il la reconnaissait parfaitement : c’était la même femme qui avait failli le tuer et l’avait atrocement mutilé en jetant cette grenade à ses pieds, deux jours auparavant. Cette fois encore, elle s’était bien défendue, beaucoup mieux que la plupart des proies humaines qu’il lui avait été donné d’affronter, mais, comme toujours, il avait fini par l’emporter. La douleur dans son flanc et le liquide qui suintait de son abdomen perforé lui rappelèrent qu’elle avait quand même réussi à le blesser de nouveau.

Ce serait vite guéri, mais, pour ceci – et pour la fois d’avant –, elle allait payer.