Point Zéro

antoine Tracqui · Chapitre 76 sur 319

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Point Zéro

20 h 30 UTC

La jeune femme posa sur la table un objet que chacun reconnut aussitôt.

Une lentille en verre, intacte et parfaitement usinée, du diamètre d’une grosse pièce de monnaie.

« Un appareil photo ? demanda Caleb.

— Mieux. Une caméra. Mes assistants sont toujours en train d’essayer de la démonter, mais nous avons déjà repéré la plaque du fabricant. C’est une Bolex H -16, une marque suisse très robuste produite à partir de 1933 et commercialisée à des milliers d’exemplaires dans le monde entier.

— Mais alors ça veut dire… murmura Gretchen.

— Ça veut dire que nos deux amis étaient sur cette plage pour une raison bien précise. Ils étaient en train de filmer l’Artefact. Et c’est à ce moment qu’ils sont morts. »

 

20 h 30 UTC

 

Cette fois, la quinte de toux avait duré beaucoup plus longtemps que d’ordinaire, et le vieillard venait tout juste de parvenir à reprendre sa respiration – ainsi qu’une certaine contenance – lorsque Guennadi Baranko avait pénétré dans la cabine.

« C’est fait, général. Nous pouvons désormais communiquer sans risque avec nos contacts, toutes les contre–mesures du Global Defender sont H.S..

— Excellent. Il n’y a pas eu de difficultés ?

— Un petit imprévu. Réglé sans problèmes et sans laisser de traces. Cela passera, disons, pour une disparition inexpliquée et, euh…»

Une seconde d’hésitation. Baranko venait de remarquer la pâleur inquiétante de son supérieur : « Excusez-moi, général, dit–il. Vous vous sentez bien ? »

Iazov fit un geste agacé, comme pour chasser une mouche : « Très bien, Guennadi. De toute façon, nous n’allons pas leur laisser le temps de se poser des questions. Nous attaquons demain.

— Demain ? répéta Baranko d’un air surpris. Vous aviez dit que vous vouliez les laisser creuser et qu’on n’interviendrait qu’une fois que…