Point Zéro
Chapitre 19
1er mars 2018 – 03 h 19 UTC
« Qu’est–ce qui se passe, nom de Dieu ? rugit le général Iazov.
— Je ne sais pas, général, répondit Guennadi Baranko. Tomski était en train de me faire un rapport de situation, et ça a coupé en plein milieu d’une phrase. Je n’arrive pas à rétablir le contact !
— Qui d’autre a une radio dans son groupe ?
— Osadchuk et Simonov. Impossible aussi de les contacter, leurs émetteurs sont muets. »
Iazov crispa ses deux mains sur la rambarde glacée, indifférent au vent hurlant qui le faisait vaciller. Juste en face de lui, de l’autre côté de la baie traversée de longues déferlantes couronnées d’écume, le bunker aveugle se dressait dans la lumière blafarde de la lune comme un gigantesque monolithe oublié. Rien ne permettait de deviner ce qui se passait à l’intérieur. À deux cents mètres sur tribord, le Global Defender mouillait de conserve avec le brise–glaces ; seuls quelques rares hublots brillaient sur le navire américain, où aucune activité n’était visible.
Tout semblait encore sous contrôle. Mais l’instinct du général Iazov lui hurlait qu’une catastrophe était imminente. Exactement ce que tu craignais depuis le début. Quelque chose est en train de merder.
« Appelle Alexeiev, vite ! cria–t–il à son aide de camp. Demande-lui ce qui se passe !
— Tout de suite, général ! »
Baranko voulut porter le communicateur à son oreille, mais il s’interrompit dans son geste. Par-dessus le vacarme de la tempête, il venait de percevoir dans son dos un bruit immédiatement reconnaissable.
Il se retourna d’un bloc, et ses yeux s’agrandirent de stupéfaction.
« Général ! hurla–t–il. Regardez !