Point Zéro

antoine Tracqui · Chapitre 78 sur 319

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Point Zéro

21 h 27 UTC

Le milliardaire hocha lentement la tête et se concerta du regard avec Viktor Bernstein. Puis il se tourna de nouveau vers la jeune scientifique : « Votre proposition, Sarah ?

— Dans moins de deux heures, les SLUGS auront terminé leur balayage, nous aurons à ce moment une idée précise de la structure externe du bâtiment. Soit il y a une entrée et nous nous y dirigerons en forant une galerie à travers le glacier ; vu la nature du matériau, ce devrait être assez rapide. Sinon il faudra percer le béton. Mais pas question d’explosifs, nous ne pourrons utiliser que les torches à plasma – il y en aura pour une bonne douzaine d’heures de travail, au moins.

— Mais ça ne règle pas le problème d’un effondrement fortuit, objecta Caleb. Si j’ai bien compris, le risque augmente d’heure en heure, et je nous vois mal travailler une demi-journée avec cette menace au–dessus de la tête. Pourquoi ne pas purger la paroi de façon préventive ? Deux ou trois roquettes tirées à bonne distance depuis le Defender feraient très bien l’affaire…

— Ce serait certainement la meilleure chose à faire, concéda Kjölsrud. Mais ensuite il nous faudrait au moins deux jours pour déblayer. Et nous n’avons pas ce temps-là, je vous le rappelle…»

À cet instant, Caleb, qui regardait le vieil homme dans les yeux, eut l’absolue certitude qu’il leur mentait : il était effectivement très pressé, mais pas à cause de la tempête. « Maintenant, continua le milliardaire, si vous avez une autre idée pour garantir notre sécurité, je suis preneur. Sinon, nous ferons comme Sarah le propose. »

Kjölsrud se levait déjà pour signifier la fin de la réunion lorsque Caleb le retint d’un geste : « Attendez !

— Oui ? s’enquit le vieillard avec un soupçon d’impatience.

— J’ai effectivement une autre solution, dit Caleb avec un grand sourire. Voilà ce que nous allons faire…»

 

21 h 27 UTC

 

« J’ai une bonne nouvelle pour toi », articula Guennadi Baranko en réprimant un haut le cœur devant l’odeur immonde qui régnait dans la cabine.

Le monstre assis dans ses déjections leva les yeux du petit livre rempli de princesses et de chevaliers, dont il suivait péniblement les lignes d’un index crasseux. Il venait de manger – Baranko préférait ne pas savoir quoi –, et un jus brunâtre engluait encore son menton et les quelques poils de sa barbiche.

« Quoi, Guennadi ?

— Tu vas bientôt retrouver ton papa. Demain. »

 

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