Point Zéro
08 h 26 UTC
— Dans ce cas, le déplacement d’un groupe aéronaval au grand complet ne me paraît pas forcément l’option la plus pertinente, Monsieur. »
Le président gratta son menton mal rasé. « Vous avez autre chose à me proposer, Percival ?
— Ça se pourrait bien, Monsieur, murmura l’amiral Markab en consultant sa tablette holo. Ah… Voilà qui pourrait faire l’affaire. USCGC Stratton.
— Un Garde–côtes ?
— Le Stratton est une frégate multirôles à long rayon d’action issue du programme Deepwater. Avec deux bâtiments de soutien, il participe depuis un mois à des manœuvres dans l’Atlantique Sud pour valider de nouveaux systèmes anti-sous-marins. Aux dernières nouvelles, il est actuellement au ravitaillement dans la base navale argentine Almirante Berisso, en Terre de Feu. C’est à un jour et demi de la Géorgie du Sud, si tel est bien le cap de cet avion.
— Intéressant… Ce serait effectivement plus discret qu’un porte-avions nucléaire. Mais un peu léger, vous ne croyez pas ? Je ne connais pas encore le degré d’implication des Russes dans cette histoire, mais j’aimerais autant ne pas arriver les mains vides.
— Le Stratton n’est pas exactement un navire pour croisières du troisième âge, corrigea l’amiral. Voyez vous–même », ajouta–t–il en tendant sa tablette au président.
Ce dernier l’étudia un instant puis la rendit à son propriétaire : « Pas mal, dit–il avec un sourire. J’ignorais que nous avions ce genre de gadgets. Il faudrait de temps en temps que je lise les mémos que vous m’adressez. »
08 h 26 UTC
« L’antigravité ! s’exclama Caleb. Mais alors cet engin…
— On va y venir tout de suite, promit Kjölsrud. Mais avant ça, j’aimerais bien savoir ce qui s’est vraiment passé là–bas… Viktor, tu peux nous lire la suite ?
— Il y a encore une trentaine de pages, alors je vais résumer, fit l’intéressé. Après ce premier essai, les expériences se seraient poursuivies jusqu’à la fin juillet avec des succès croissants. Record d’altitude à cent pieds le 12 mai, à près de mille deux cents pieds le 23 mai – avec sept hommes à bord plus quatre tonnes de lest pour faire bonne mesure. Le 14 juin, le prototype aurait même effectué un survol du littoral sur près de cinquante milles. Après ça, Majorana aurait dû exulter, mais, au contraire, il paraît de plus en plus préoccupé. Le carnet rapporte plusieurs conversations au cours desquelles il se serait plaint de “difficultés insolubles pour le confinement du vortex” ou “d’instabilité structurelle du point zéro” qui rendaient d’après lui très dangereuse la poursuite du programme. Voici par exemple un extrait du 19 juin :
« A. est revenu à la charge avec son histoire d’instabilité. Il doit bien être le seul homme de cette base – à l’exception peut–être de McKay – à ne pas déborder d’enthousiasme et de fierté après l’essai de vendredi. Sur son ton pleurnichard, il m’a encore une fois servi sa litanie sur les dangers que nous courons tous, les risques terribles d’une rupture du confinement, et caetera… Quel dommage qu’un si grand cerveau soit affligé d’une telle poltronnerie ! Je l’ai écouté avec ma patience habituelle… tout au moins jusqu’au moment où il m’a sorti sa nouvelle lubie : à l’en croire, nous devrions décréter un moratoire sur les essais pratiques et nous concentrer sur la théorie, en attendant la production d’un nouveau dispositif semi-conducteur actuellement à l’étude dans les laboratoires Bell et qui, paraît– il, va révolutionner les calculateurs électromécaniques… comme si nous n’avions pas déjà ici ce qui se fait de mieux dans le domaine ! Je lui ai demandé dans combien de temps nous pourrions disposer de cette merveille – ce “iotatron” comme il l’appelle –, et il m’a répondu sans sourciller un ou deux ans. J’ai éclaté de rire, et nous en sommes restés là…»
« Pour autant, continua Bernstein, les relations semblent être restées cordiales entre les deux hommes pendant toute cette période. C’est à la mi-août que les choses vont se gâter ; le mieux est que je vous livre in extenso ce qui suit :
« 14 août 1946. Nous avons un gros problème. L’ordre de Washington est arrivé sous pli confidentiel par le Dornier de ce matin. Les instructions sont on ne peut plus claires : procéder sous dix jours à un test d’excursion grandeur nature à partir d’un de nos prototypes. C’est de la main même du président, contresigné par l’amiral Forrestal.
En clair, ils veulent que nous fassions péter l’un de nos joujoux.
J’ai eu le fin mot de l’histoire en discutant avec le commandant Chesters, qui revenait de sa permission et qui était chargé de me remettre le message en mains propres : il est dans les petits papiers de Forrestal et a pu lui soutirer quelques infos. D’après lui, le président est de plus en plus préoccupé par le coût de ce programme dont il ne saisit pas la finalité. À mon avis, le problème vient de ce qu’il n’a pas du tout été associé à sa genèse et qu’il n’en a découvert l’existence qu’au lendemain des funérailles de Roosevelt ; je crains fort qu’il ne le perçoive comme un simple doublon du projet Manhattan… Un doublon devenu inutile maintenant que les Japs ont mordu la poussière. J’ai aussi appris qu’il y a quelques semaines, la Navy a testé deux nouvelles bombes atomiques dans un coin perdu du Pacifique – soit dit en passant, le nom attribué à cette opération ne me
paraît pas totalement innocent(34). Pour Chesters, l’intention de Truman est claire : faire sauter un de nos réacteurs afin de comparer ses capacités de destruction à celles d’une bombe à fission. Et au final, choisir lequel des deux programmes devra être poursuivi.
Les ordres sont les ordres, et, quoi que je puisse en penser, il est de mon devoir d’y obéir sans discuter.
Mais je ne sais vraiment pas comment je vais faire pour présenter les choses à A.
15 août 1946. Comme je le redoutais, il l’a mal pris. C’est une litote : en fait il s’est si violemment emporté que j’ai dû faire intervenir la sécurité pour le chasser de mon bureau. J’ai tenté de lui expliquer que je n’étais pour rien dans cette décision, mais peine perdue ; à l’entendre, il s’agit d’un reniement complet de l’accord solennel passé entre lui et le président Roosevelt, d’une trahison de ses idéaux de chercheur, et j’en passe.
J’espère qu’il va finir par se calmer. Je l’espère sincèrement, car c’est un homme de valeur que j’ai appris à estimer.
Mais une chose est sûre : cet essai se fera, avec ou sans son accord.
16 août 1946. Les choses ont empiré au–delà de mes pires appréhensions. Altamayor est aux arrêts, consigné dans ses quartiers. J’ai été bien inspiré hier soir de faire renforcer les tours de garde dans les labos : nous l’avons surpris juste à temps, alors qu’il s’apprêtait à saboter les prototypes 1 et 2. Il était comme fou, et il n’a pas fallu moins de trois hommes pour le maîtriser. Dès que nous aurons réalisé ce maudit test, je référerai de la situation à l’amiral Forrestal afin que nous statuions sur son sort. En tous cas, sa participation ultérieure à ce projet me paraît totalement compromise – ce qui pose bien sûr la question de la survie du projet lui–même. Strindberg, qui est son principal assistant, m’a assuré que son absence ne serait pas préjudiciable au test ; en revanche, il m’a clairement fait comprendre qu’il n’avait pas les épaules assez larges pour prendre sa suite à la tête de l’équipe de recherche.
Comme si cela ne suffisait pas, un autre sujet de préoccupation est la réaction de McKay. Je savais ce dernier peu attaché aux codes et usages militaires, et j’avais remarqué sa proximité croissante avec A. Mais de là à discuter mes ordres et à me demander officiellement de reporter l’essai “pour raisons de sécurité” ! J’ai dû hausser le ton pour lui rappeler qui commandait dans cette base ; le problème est qu’il s’agit du chef du contingent britannique et que je peux difficilement le coller au trou comme je l’aurais fait avec n’importe lequel de mes hommes ! Une fois que Truman aura eu son explosion, je pense que nous ne pourrons pas faire l’économie d’une réorganisation complète du fonctionnement de cette unité… et tant pis si j’en fais les frais, je laisserai ça bien volontiers à mon successeur.
18 août 1946. L’essai aura lieu demain matin à huit heures. J’ai finalement décidé d’accorder un semblant de crédit aux angoisses de A. et j’en ai fait changer le site : au lieu de faire détoner le dispositif sur la banquise à cinq milles devant la base comme nous l’avions d’abord prévu, nous allons le transporter à l’intérieur des terres. L’endroit retenu se trouve au–delà de l’escarpement de Kirwan, cette longue arête rocheuse qui prolonge la dorsale du cap Norvegia et qui marque la limite entre la banquise littorale et le plateau glaciaire qui monte jusqu’au Pôle.
C’est à plus de quarante milles d’ici.
Je pensais que cela suffirait à apaiser les craintes de notre ami, mais, une fois de plus, je me berçais d’illusions. Je lui ai rendu visite ce matin : s’il semble revenu à plus de raison, son point de vue n’a toujours pas varié, et il m’a une nouvelle fois demandé - que dis-je ? supplié ! – de renoncer à ce qu’il appelle une pure folie. Il m'a dit que nous n’avions aucune idée du degré de magnitude des énergies mises en jeu, et que la puissance de l’explosion pouvait se révéler cataclysmique. Il s’est montré si persuasif que, je l’avoue, j’ai failli me laisser fléchir. Mais, fort heureusement, je me suis ressaisi, en même temps qu’un doute commençait à m’assaillir : et si tout cela n’était que du flan ?
Après tout, personne ici ne sait ce qui s’est vraiment passé il y a deux ans à Port Chicago. Qui nous dit que les capacités de destruction de cet engin n’ont pas été gonflées précisément pour susciter l’intérêt de l’état– major et justifier le financement de ces foutues expériences de lévitation ? Et qu’Altamayor n’est pas en ce moment en train de jouer son va–tout pour tenter de sauver sa place ?
Sans doute ne s’agit–il là que de spéculations, mais, en tout cas, rien ne saurait désormais me détourner de ma mission. Cet essai aura bien lieu.
Et pour tout dire, j’ai hâte de voir à quoi va ressembler cette foutue explosion.
19 août 1946. 5 h 45. Dans un peu plus de deux heures, nous saurons ce qu’il en est. L’équipage de traîneaux à moteur est rentré peu après minuit, après avoir livré le colis à bon port. Par mesure de sécurité, nous n’avons laissé personne à proximité du site. Pour autant, nous avons tout mis en œuvre afin de pouvoir scruter cette expérience sous tous ses angles ; l’état– major ne pourra pas nous reprocher de l’avoir privé d’éléments d’appréciation. Une douzaine de caméras automatiques ont été disposées à des distances croissantes de l’engin, jusqu’à dix kilomètres. Les observateurs les plus proches se tiendront avec leurs appareils de mesure au sommet du pic Henriksen, où se trouve un petit calvaire érigé par les Norvégiens ; j’y ai dépêché une équipe de quatre hommes emmenée par le lieutenant Boit. Ils seront à près de vingt–cinq kilomètres de l’épicentre – quasiment aux premières loges, et en même temps à une distance tout à fait raisonnable.
Pour faire bonne mesure, l’un de nos deux Dornier décollera à 7 h 30 avec à son bord une dizaine de scientifiques plus deux cameramen chargés des prises de vue aériennes. Là encore, sécurité avant tout : l’appareil restera au–dessus de la baie, sans s’approcher à moins de quarante milles du site. J’ai confié cette mission au capitaine Carruthers, l’un de nos meilleurs pilotes ; vu la distance, il ne devrait y avoir aucun souci, mais, si d’aventure quelques turbulences parvenaient jusqu’à nous, il saura bien y faire face.
Je pense sincèrement que nous avons fait de notre mieux. Il n’y a plus qu’à espérer que le spectacle soit au rendez-vous !
7 h 24. Je relis avec un mélange de lassitude et d’écœurement ces lignes que j’ai tracées il y a à peine une heure et demie, et je mesure à quel point j’ai été naïf. Comment ai-je pu me laisser berner à ce point ? Sans même me rendre compte de ce qui se tramait sous mon nez ? J’ignore ce que va donner l’essai de tout à l’heure, mais en ce qui me concerne je n’en retirerai – au mieux – qu’un blâme de l’état–major. Je doute que ma carrière s’en remette.
Je résume :
Quelques minutes avant la relève de la garde dans les labos, un type masqué a fait irruption dans le poste de sécurité et a réussi à maîtriser sans violence les deux malheureux MPs à moitié endormis qui s’y trouvaient. Après les avoir ligotés et bâillonnés, il est reparti avec l’unique prisonnier du secteur.
À 6 h 40, deux hommes en tenue d’aviateur se sont présentés à l’entrée du hangar n° 2, juste au moment où les mécaniciens au sol terminaient de tracter le Dornier sur le plan incliné. Ils étaient déjà équipés de pied en cap avec casque et appareil respiratoire, si bien que le planton n’y a vu que du feu et les a pris pour Carruthers et son copilote. Ils sont montés à bord en indiquant qu’ils avaient pris un peu d’avance sur le reste de l’équipage pour avoir le temps de procéder aux vérifications de sécurité. Et puis, il fait si froid ce matin qu’un temps de chauffe additionnel ne ferait pas de mal aux moteurs, n’est–ce pas ?
Deux minutes plus tard, ils étaient en l’air. Un décollage impeccable, sans autorisation, check-list ni plan de vol – les mécanos n’ont eu que le temps de se mettre à l’abri pour ne pas se faire cramer par les JATO !
C’est signé.
Et si je pouvais avoir encore le moindre doute, il vient de se dissiper à l’instant. Smyhte, l’aide de camp de McKay, vient juste de me porter le billet suivant :
Colonel Buckmaster,
Vous avez fait votre devoir d’officier en ordonnant cet essai, conformément aux instructions de votre commandement.
Je fais le mien en tentant de sauver ce qui peut l’être, conformément à ma conscience. J’ai la conviction que nous courons à une catastrophe sans précédent. Peu importe nos vies ; mais ce qui a été accompli dans cette base mérite d’être préservé, pour toute l’Humanité. Le Docteur Altamayor et moi–même assumons l’entière responsabilité de cette décision.
Nous allons nous éloigner de quelques milles pour observer l’explosion. J’espère de toutes mes forces que nous nous trompons ; si c’est le cas, nous reviendrons aussitôt nous livrer. Dans l’éventualité contraire, que Dieu vous garde tous.
Avec mes respectueuses salutations,
Wing Commander Alexander McKay
Ça a le mérite d’être clair. Mais ça ne lui épargnera pas la cour martiale.
7 h 47. Moins d’un quart d’heure désormais. Si je pouvais reporter l’essai, je le ferais, le temps de régler cette situation absurde.
Mais la séquence de mise à feu est entièrement automatique, et nous n’avons plus aucun contrôle sur ce qui est en train de se préparer.
De toute façon, les jeux sont faits : l’engin doit être depuis quelques minutes en stade d’excursion critique, c’est-à-dire au–delà du point de non-retour. À H moins une minute, la pompe à vide va s’arrêter. Et, à l’heure prévue, les deux cents grammes de Tétryl placés contre la coque externe vont détoner, entraînant la rupture du confinement et l’irruption de l’air et des débris de métal dans le vortex. D’après les calculs, l’explosion devrait suivre moins d’une seconde plus tard.
On vient de me confirmer qu’Altamayor n’est pas parti les mains vides, mais avec cette vieille mallette en cuir dont il ne se séparait jamais. Le coffre-fort de son bureau ne contient plus que du vent ; je sais qu’il y gardait une copie de tous les protocoles d’expérience ainsi que les plans de fabrication de ses réacteurs.
Ce n’est plus de la désobéissance, c’est de la haute trahison.
Mais cela sera réglé en son temps. Pour l’heure, tous les hommes sont à leur poste sur la plage, les caméras sont prêtes, et les appareils de mesure sont en batterie. Le Dornier est toujours là, il fait des ronds dans l’air à une dizaine de milles au large – j’espère que McKay va bien profiter du spectacle, il n’est pas près de tenir un manche à nouveau !
Pour ma part, je vais suivre l’essai dans mon bureau. Les écrans me retransmettent tout ce qui se passe à l’extérieur. H moins six minutes. Je reprends ce journal juste après.
14 h 55. Qu’avons-nous fait, mon Dieu ?
C’est la première fois depuis près de sept heures que je peux prendre un peu de repos, et j’en profite pour écrire ces quelques lignes. Mais il va falloir que j’y retourne bientôt : la base est un véritable pandémonium, nous avons des dizaines de blessés et des scènes de panique commencent à éclater çà et là – j’ai ordonné aux MPs d’y mettre fin avec la plus grande fermeté.
Tout s’est passé si vite que nous n’avons pas eu le temps de réagir. Il y a d’abord eu ce flash lumineux éblouissant et, tout de suite après, l’impulsion. Tout cela était prévu par la théorie, nous nous y attendions. Mais jamais nous n’aurions imaginé pareille violence. Tout ce qui n’était pas fixé au sol a été projeté avec une force incroyable : c’est à ce moment que nous avons eu tous ces blessés, soit par chute soit par écrasement.
Dans le hangar, Murchison a pris peur et a activé la commande de fermeture d’urgence du portail. Je ne sais si je dois le blâmer – peut–être nous a–t–il tous sauvé la vie. Mais une bonne cinquantaine de types sont restés dehors, et nous n’avons aucune nouvelle d’eux.
Ensuite, il y a eu cette panne de courant pendant près de dix minutes. Cela paraît impossible, mais tout porte à croire que les câbles de force qui nous relient à la centrale électrique de l’autre côté de la plage ont été sectionnés – ou alors que la centrale elle–même a été détruite. Heureusement, nous avons pu rapidement mettre en marche nos générateurs diesel de secours et nous avons maintenant de la lumière. À terme, cela peut poser un problème pour l’air, mais nous avons pas mal de temps devant nous. Pour l’heure, nous n’avons aucune idée de ce qui se passe à l’extérieur, tous les écrans sont morts et la radio aussi.
Ce n’est que vers midi que notre officier de communications s’est aperçu que nous avions eu un bref contact radio avec le Dornier juste après l’impulsion. Le pauvre Myers ne s’en est pas rendu compte, à ce moment il était complètement sonné et occupé à ramasser ses dents sur le plancher. Mais le message a pu être enregistré par les magnétophones du central. Il ne dure que quelques secondes et est truffé d’interférences électriques, mais son contenu est tellement dérangeant que j’ai fait promettre à Myers de garder le silence. Voici ce que cela dit – a priori, c’est la voix de McKay :
« Seigneur ! Cette lumière… C’est plus brillant qu’un millier de soleils !… Maintenant cela… et… Attendez ! Il y a quelque chose d’énorme qui… On dirait une avalanche de glace… montagne… plus haut que l’altitude où… Cinq kilomètres de haut ?… Jusqu’à l’horizon ! Essayons faire demi-tour si… Grytviken… ait pitié de…»