Point Zéro

antoine Tracqui · Chapitre 47 sur 319

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Point Zéro

13 h 58 UTC

Presque aussi épatant que de tenir soi-même le manche, se dit–il avec délectation tout en activant l’ensemble des détecteurs. Allons-y pour un premier passage.

 

13 h 58 UTC

 

« Faites votre choix, miss. On se pose sur lequel ? » demanda Ross O’Donnell en ajustant machinalement la poussée de la turbine. »

À cinquante-deux ans, l’ancien pilote de la Garde nationale de l’Alaska totalisait près de huit mille heures de vol sur toutes sortes d’hélicoptères. Embauché deux ans auparavant par la fondation qui gérait le Global Defender, sa parfaite connaissance des conditions de vol en milieu subpolaire en avait fait une recrue de choix pour les campagnes d’exploration du navire ; bien que d’un naturel taciturne, sa gentillesse et son professionnalisme étaient particulièrement appréciés de tous les membres de l’équipage.

Sarah Miller jeta un coup d’œil par la verrière du cockpit. À cinq cents pieds d’altitude, la vue était magnifique et englobait la totalité de la baie de l’Artefact. « Le premier, ce sera très bien, Ross. Une petite demi–heure, le temps de faire quelques prélèvements. Après ça, on fera un survol rapide de l’extrémité est du A -87, je voudrais voir l’aspect de la glace de surface. Et ensuite, retour au bercail, je n’ai pas envie de louper le débarquement…

— Alors on va faire vite, vous aurez même le temps de prendre le thé », sourit O’Donnell en inclinant son appareil et en commençant à réduire l’altitude.

L’iceberg choisi mesurait quelque cinq cents mètres de longueur pour un peu moins de la moitié en largeur et se dressait à près de quatre–vingts mètres au–dessus des flots. O’Donnell fit une première orbite de repérage : la surface glacée semblait parfaitement plane, sans aucune élévation de terrain susceptible de compliquer l’atterrissage. Il décida de se poser vers le milieu de l’iceberg, endroit le plus sûr au cas où les bords auraient été friables. Après un deuxième tour d’observation à cent pieds, il sélectionna le site d’atterrissage puis entama sa finale, nez au vent. À trois mètres du sol, alors qu’il se trouvait pratiquement en stationnaire, il cabra légèrement l’appareil tout en redonnant un peu de gaz ; l’instant d’après, ils touchaient la glace au milieu d’un épais nuage de particules brillantes, avec une vitesse horizontale et verticale à peu près nulle. Sarah se retint d’applaudir, bien qu’elle sût qu’avec les conditions de vent la manœuvre était tout sauf évidente. Sans attendre, O’Donnell ramena le collectif à zéro puis coupa la turbine : « À vous de bosser, miss, fit–il en retirant son casque et en rabattant sa casquette sur ses yeux. Vous me réveillerez quand on…»