Point Zéro
12 h 54 UTC
Mais, manifestement, il venait de trouver ce qu’il cherchait.
12 h 54 UTC
Volant à plus du double de la vitesse pour laquelle il avait été conçu, le vieil avion se tordait en gémissant de toute sa structure malmenée par la pression de l’air. Mais il tenait bon.
« Incroyable, fit Kjölsrud. Je n’aurais jamais cru qu’il résisterait !
— « Le missile ! émit Caleb sur la fréquence générale. Quelqu’un l’a en visuel ?
— « Moi ! cria aussitôt Gretchen Vogt qui s’était réfugiée avec Jenkins et Sarah Miller dans une des cabines du pont passagers. Je le vois par le hublot ! Il est sur nous dans quinze… vingt secondes maxi !
— « OK », dit Caleb sans quitter des yeux la masse énorme du mont Paget vers lequel se dirigeait l’avion. L’altimètre rudimentaire affichait mille sept cents pieds, mais vu l’élévation progressive du terrain, moins de six cents pieds séparaient désormais le ventre de l’appareil du chaos de roches noirâtres qu’il survolait à cet instant.
« Quinze secondes ! s’écria Kjölsrud. Et maintenant, on fait quoi ?
— On prie », répondit Caleb.
12 h 54 UTC
One-Shot ouvrit en grand la manette d’admission, et la grosse lance thermique fit aussitôt entendre son ronflement caractéristique. En un rien de temps, l’éblouissant panache de gaz ionisé porta la buse en composite carbone-tungstène à la température de trois mille cinq cents degrés, en projetant une lueur aveuglante dans tous les recoins de la soute. Malgré la protection de son casque blindé, le géant sentit le flux thermique échauffer rapidement la peau de son visage.
L’idée de Caleb reposait sur un coup de dés. Si leurs poursuivants étaient bien des Su-47, il y avait toutes les chances pour qu’ils soient équipés du bon vieux missile « Archer » avec son capteur IR efficace, mais rustique – auquel cas, le plan pouvait peut–être marcher ; si au contraire il s’agissait d’un engin plus moderne à guidage radar ou optique, ils seraient morts dans dix secondes.