Point Zéro
15 h 58 UTC
Ils étaient maintenant parvenus dans une sorte de caverne obscure d’où partaient plusieurs couloirs – avec la nette impression d’être déjà passés par là. Dans la lumière mouvante des lampes frontales, les formes indistinctes étendues par terre semblaient bouger faiblement. Gretchen Vogt ne put retenir un gémissement angoissé.
Ses nerfs sont en train de lâcher, pensa Caleb. Il faut vraiment qu’on trouve quelque chose dans les cinq minutes, sinon on va tous commencer à voir des fantômes.
C’est alors qu’une pétarade lointaine se fit entendre dans les profondeurs de la base.
« Qu’est–ce qui se passe ? demanda Viktor Bernstein, alarmé. Des coups de feu ? Les Russes sont déjà là ?
— Non, répondit Caleb. Le bruit est trop régulier. On dirait un moteur. Ou alors…
— Cal ! Regarde ! s’écria Gretchen Vogt en le saisissant par le bras. Regarde là–haut ! »
À quelques mètres au–dessus de leurs têtes, les tubes au néon éteints depuis sept décennies clignotèrent faiblement puis s’allumèrent d’un seul coup, déversant une lumière crue sur le petit groupe d’explorateurs médusés.
15 h 58 UTC
« Pas terrible pour épaule pétée, rigola One-Shot en jetant par terre la grosse manivelle qu’il venait d’utiliser. Mais avantage vieux moteurs, tu les démarres avec huile du coude ! »
Même avec les filtres auditifs, le grondement de l’énorme groupe électrogène était assourdissant, et Joshua dut hurler pour se faire entendre : « Tu crois qu’il va marcher longtemps ? demanda–t–il à son ami.