Point Zéro
03 h 12 UTC
— Pas vraiment, mais…
— Alors tant mieux. Pour ta gouverne, Iazov a dit qu’il s’en foutait complètement, il n’aime pas les traîtres. Maintenant, tu la fermes et tu me laisses faire mon job. »
Sur ces mots, il reprit posément sa visée.
03 h 12 UTC
« Aussi dingue que le reste. Mais jouable, approuva Kendall Kjölsrud en hochant la tête. Décidément, vous n’avez pas fini de me surprendre, monsieur McKay.
— Vraiment ravi que ça vous plaise, ironisa l’intéressé. Jeeves, vous êtes toujours là ? Vous avez compris ce qu’il faut faire ?
< C’est déjà fait, monsieur, reprit la voix désincarnée qui sortait du haut–parleur de Poppy Borghese. Tout est en place, et nous n’attendons que votre signal. >
— Parfait », dit Caleb en rabattant la visière de son casque – il ne put retenir un haut–le-cœur en retrouvant l’odeur immonde qui émanait des filtres saturés de son recycleur. « Dans ce cas, continua–t–il, je pense qu’il est temps de nous mettre au travail.
— Une minute, Cal, intervint soudain Gretchen Vogt. Il y a quand même un souci. Cette IA – Jeeves, ou quel que soit son nom –, si j’ai bien compris, elle nous a dit que l’informatique du Defender pouvait avoir été attaquée de façon délibérée.
< C’est exact, mademoiselle. Le degré de redondance des systèmes impliqués exclut toute défaillance accidentelle. Un sabotage est hautement vraisemblable, je le crains. >
Gretchen Vogt se leva pour rejoindre Caleb ; vu l’exiguïté de la cabine elle n’eut pas plus d’un pas à effectuer. « Et les Russes… continua–t–elle. Pourquoi auraient–ils manœuvré comme ça s’ils n’étaient pas au courant de nos plans ?
— Vous n’êtes pas la seule à penser ça, Gretchen, rétorqua Poppy sur un ton où pour une fois ne transparaissait aucune ironie. Mais, vu notre situation, je crois que ce n’est vraiment pas le moment de commencer à nous méfier les uns des autres.
— Au contraire, dit Joshua en la fusillant du regard. Je crois que…»